Home CFB Borden Civilian in the Field

Civilian in the Field

509
By / Par Brooke Oliver, Citoyen Borden Citizen

I am sure it’s fair to say that at one point or another, we have all heard a member of the Canadian Armed Forces mention “field training” or “in the field”. To civilians like myself, the field is a bit of a mystery. What exactly happens there? What are the conditions like? Well, let me fill you in.

I had the opportunity to accompany Capt Button from the Corps of Royal Canadian Electrical and Mechanical Engineers (RCEME) to observe the Officer Development Period course earlier in August.

The course objective is to evaluate the soldiers on leadership, planning and problem solving while in a high stress environment, mirroring what it would be like in a conflict situation.

When I arrived to the training area, I got to meet 2Lt Hugo Hazeldine. He was acting as the right hand man to another soldier who was being assessed that day. His colleague was mapping out a new site that their group would move into shortly, placing vehicles, defensive lines, and so on. They were given four hours to complete this task. They had been there for 10 days, repeating this move on a cycle, over and over again. That means no showers, no home cooked meals, minimal sleep, and trying to stay alert to watch for “enemy” activity.

But, back to 2Lt Hazeldine. He looked tired as heck, and a little worse for wear to be completely honest. I asked him a simple question: How are you doing? “Pretty tired right now, but it’s going well. Saturday was a monsoon, we got drenched. And now the mosquitos are coming out,” he told me with a cringe. A few seconds later, he was beckoned by his colleague.

As time passed and it got later in the day, it seemed as though the sand roads absorbed the sun’s rays, throwing immense heat back at me with each step. Add to that the duties of setting up a new camp, such as the strenuous task of digging trenches, and I can only imagine how the troops must have felt. All I wanted to do was get home and shower. I wasn’t even doing physical labour, and I had been there for four hours.

If the threat of simulated enemy attack isn’t bad enough, the soldiers also have to worry about, shall we say, “environmental hazards”. Another unique feature of the Borden Training Area is an ample crop of poison ivy. This provides another challenge for the troops.

“Oh, this is getting better!” exclaims one man, exposing his leg. It is open, red and scabbed, “It looked like hamburger the other day!” If I had an injury like this, I would be nursing it, not joking with my friends, and certainly not diving right back into the plants to dig a trench, with a smile on my face.

Finally, around 2pm, or should I say 1400, the camp was established enough to consider making lunch. Imagine, rebuilding your kitchen each day. Sometimes I can’t even make myself wash dishes.

The meal of the day is MRE’s (Meals Ready to Eat) – Shepard’s Pie. The packet of food is placed into a pressure cooker, where the steam brings the preserved food back to life.

According to the soldiers, some are better than others, but the Chicken Pesto Pasta is leagues above the rest. The MRE’s are designed to be high in carbohydrates, sodium, and sugar. If three are consumed each day, they provide the nutrients to maintain one’s body weight while working and living in harsh conditions.

At the end of the day, as we bump along the dirt road in a Mercedes SUV back toward the main area of base, I am questioning whether or not I could survive for ten days in the field. Then, I think back on something Captain Button said. These men and women are the ones that would be defending Canada on the lines if our country went to war. It’s very important that they know what they’re doing. That is why they push through the inhospitable and sometimes harsh conditions of field training. Ultimately, it’s for all of us, so we should be very grateful. From the small taste of field training I received, I know I certainly am.


Une civile en campagne

Je suis certaine qu’il est exact de dire qu’à un moment ou à un autre, nous avons tous déjà entendu un membre des Forces armées canadiennes mentionner les « exercices en campagne » ou « sur le terrain ». Pour les civils comme moi, la campagne représente un certain mystère. Que se passe-t-il là-bas exactement? Quelles sont les conditions? Permettez-moi de vous en parler.

Plus tôt en août, j’ai eu l’occasion d’accompagner le Capt Button du Corps du Génie électrique et mécanique royal canadien (GEMRC) pour observer le cours de la période de perfectionnement des officiers.

L’objectif du cours est d’évaluer les compétences des soldats en matière de leadership, de planification et de résolution de problèmes pendant qu’ils se trouvent dans un environnement de stress élevé, en simulant les conditions d’une situation de conflit.

Quand je suis arrivée à la zone d’entraînement, j’ai rencontré le Slt Hugo Hazeldine. Il agissait comme bras droit d’un autre soldat qui était évalué ce jour-là. Son collègue préparait l’installation du nouveau site auquel le groupe se rendrait sous peu, en plaçant les véhicules, les lignes de défense, etc. Le groupe avait quatre heures pour réaliser la tâche. Les membres du groupe étaient là depuis 10 jours et répétaient ce déplacement encore et encore de façon cyclique. Cette réalité faisait en sorte qu’il était impossible pour eux de prendre une douche ou de manger des repas faits maison, qu’ils dormaient très peu et qu’ils devaient essayer de rester alertes pour être à l’affût des activités de « l’ennemi ».

Revenons au Slt Hazeldine. Il semblait exténué, et un peu éméché, pour être tout à fait honnête. Je lui ai posé une question simple : comment allez-vous? « Je suis assez fatigué en ce moment, mais tout va bien. Nous avons été complètement trempés samedi par des pluies de mousson. Maintenant, les moustiques sortent », m’a-t-il dit avec une grimace. Quelques secondes plus tard, il a été appelé par un collègue.

À mesure que le jour avançait, les routes de sable semblaient absorber les rayons du soleil, me renvoyant une chaleur extrême à chaque pas. Je pouvais seulement imaginer comment les troupes se sentaient en les observant installer le nouveau camp, notamment creuser les tranchées, une tâche infiniment laborieuse. Tout ce que je voulais, c’était retourner chez moi et prendre une douche. Je ne faisais même pas de travail physique et j’étais arrivée seulement quatre heures auparavant.

Comme si la menace d’une attaque ennemie simulée ne suffisait pas, les soldats devaient également faire attention aux « dangers de l’environnement ». Une autre caractéristique unique de la zone d’entraînement de Borden est la très grande présence de l’herbe à puce. Cela posait un nouveau défi aux troupes.

« Oh, ça va de mieux en mieux! » s’est exclamé un homme en montrant sa jambe. Elle était ouverte, rouge et recouverte de croûtes. « Elle ressemblait à de la viande hachée l’autre jour! » Si j’avais une telle blessure, je m’empresserais de la soigner; je ne rigolerais pas avec mes amis, et je ne retournerais certainement pas directement dans les plantes pour creuser une tranchée en souriant.

Finalement, vers 14 h, ou devrais-je dire à 1400, le camp était suffisamment installé pour que nous puissions penser au dîner. Imaginez avoir à rebâtir votre cuisine chaque jour. Parfois, je n’ai même pas la motivation de faire la vaisselle.

Le repas du jour était une ration individuelle de combat (RIC) de pâté chinois. Le paquet de nourriture est placé dans un autocuiseur et la vapeur permet de chauffer les aliments.

Selon les soldats, certains repas sont meilleurs que d’autres, mais les pâtes au pesto et poulet sont les plus populaires. Les RIC sont très riches en glucides, en sodium et en sucre. Si les soldats en consomment trois par jour, ils obtiennent les nutriments nécessaires pour maintenir leur poids tout en travaillant et vivant dans ces conditions difficiles.

À la fin de la journée, alors que nous parcourions la route de terre bosselée dans un VUS Mercedes pour nous rendre à la zone principale de la base, je me suis demandé si je pourrais survivre dix jours en campagne. J’ai alors repensé à ce que m’avait dit le capitaine Button. Ces hommes et ces femmes sont les personnes qui défendraient le Canada si notre pays partait en guerre. Il est essentiel qu’ils sachent ce qu’ils font. C’est pourquoi ils affrontent les conditions inhospitalières, parfois même hostiles, de l’entraînement en campagne. En fin de compte, nous devrions tous être reconnaissants, car ils le font pour nous. Après ma courte expérience de l’entraînement en campagne, il n’y a aucun doute que je suis reconnaissante.