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Meeting Nijmegen’s guardians of memory / À la rencontre des gardiens de mémoire à Nimègue

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“Those who are dead never left.

The Dead are not under the earth.

They are in the fading fire.

They are in the weeping grasses.

They are in the groaning rock.

They are in the forest, they are in the home.

The Dead are not dead.”

These words from African poet Birago Diop encapsulates the feelings that arise in any Canadian soldier who visits the Groesbeek Canadian War Cemetery in the Netherlands. The memory of our lost soldiers who rest in this part of the world that was liberated by the ultimate sacrifice of thousands of our heroes is kept intact by the daily care of a group of volunteers who form the Royal Canadian Legion Branch 005.

The Royal Canadian Legion Branch 005 is the only branch of the Royal Canadian Legion in the Netherlands—a surprise to many of us who visited Nijmegen. We first met with the members of this one-of-a-kind Legion branch at a commemorative ceremony at the Groesbeek Canadian War Cemetery. On that morning of July 16, 2018, and on the days that followed, the Branch 005 members paraded their colours with a reverence matched only by the serenity and sacredness of the site itself.

For the men and women of Branch 005, it is essential that the liberating sacrifice of the Allies and Canadian Armed Forces members who lost their lives during the two great wars be retained in the Dutch people’s collective memory from generation to generation. In their words, their mission is to play “an active role during commemorations at Canadian and Allied cemeteries and at monuments and to promote remembrance.”

Despite being limited in number, the members keep our soldiers’ memory alive by taking part in various commemorative ceremonies such as that of the Groesbeek Cemetery. By the branch’s mere presence at these ceremonies, the Dutch people are reminded that they were freed as a result of the ultimate sacrifice of young Canadian soldiers.

In Groesbeek, where 2,338 soldiers who fell in action during the Second World War are buried, the members of Branch 005 proudly displayed their blue and grey uniforms with black berets beneath the beating sun during the Four Days Marches Nijmegen. Under their tent, they raised funds by selling commemorative items. Proud of their ties with Canada, they welcomed the Canadian contingent with applause.

On the third day of the walk, the most challenging of the four, all of the contingents travelled past the Groesbeek Cemetery. Each of the 14 Canadian teams visited the graves, accompanied by the chaplain and headed by their team leaders. The Branch 005 members gave each service member a poppy to lay on the monument at the cemetery entrance.

The Four Days Marches Nijmegen remains undeniably anchored in the memory of every service member who took part, whether as an official walker or as a member of the support team. The experience opened our eyes to the rich military history of our young nation. The immense work of the members of the Royal Canadian Legion Branch 005 attests to the Dutch people’s gratitude to Canada. 

Through Nijmegen’s towns and countryside, we walked in the footsteps of our comrades who liberated the Netherlands and, as that alone was not enough, we were welcomed by the guardians of our heroes’ memory—Branch 005.

In the end, Nijmegen is not only a four-day walk, a physical effort requiring us to push our limits; it is a spiritual experience, for Nijmegen breathes new life into our calling, evokes in us the feeling of following in our heroes’ footsteps and reminds us of our own mortality. It is an act of reconciliation in which enemies of the past walk and sing side by side. Above all, Nijmegen is an act of remembrance and respect. Ultimately, it is a meeting of the guardians of our heroes’ memory so that we remember these heroes for all time.


«Ceux qui sont morts ne sont jamais partis. […]

Les Morts ne sont pas sous la Terre.

Ils sont dans le Feu qui s’éteint.

Ils sont dans les Herbes qui pleurent.

Ils sont dans le Rocher qui geint.

Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure.

Les Morts ne sont pas morts. »

Ces mots du poète africain Birago Diop résument les sentiments qui animent tout soldat canadien dans le cimetière de Greosbeek en Hollande. La mémoire de nos soldats disparus qui gisent dans cette partie du monde libérée par le sacrifice ultime des milliers de nos héros est gardée intacte par les soins quotidiens d’un groupe de bénévoles constitués en la Légion Royal Canadienne Branche 005.

  En effet, la Légion Royale Canadienne Branche 005 est la seule branche de la légion canadienne en Hollande : une surprise pour plusieurs d’entre nous qui étions à Nimègue. Notre première rencontre avec les membres de cette branche de la légion unique en son genre, a eu lieu lors de notre cérémonie commémorative au cimetière canadien de Greosbeek. Ce matin du 16 juillet 2018, comme les autres fois qui ont suivi, ils ont fait une parade de leurs couleurs avec une révérence qui n’avait d’égale que la sérénité et le caractère sacré du lieu lui-même.

Pour les hommes et les femmes de la Branche 005, il est impératif de garder dans la mémoire collective du peuple hollandais, et ce de génération en génération, le sacrifice libérateur des membres des Forces armées canadiennes et alliés qui ont perdu leur vie lors de deux dernières grandes guerres. Comme ils le disent, leur « mission est de jouer un rôle actif lors des commémorations dans les cimetières canadiens et alliés, aux monuments et de promouvoir le souvenir».

Malgré leur nombre limité, ils gardent la mémoire de nos soldats vivante en participant aux diverses cérémonies commémoratives comme celle du cimetière de Greosbeek. Par leur seule présence à ces cérémonies, ils rappellent aux hollandais que leur liberté a été acquise sur l’autel des sacrifices ultimes de jeunes soldats canadiens.

À Greosbeek où sont enterrés 2338 soldats tombés au combat durant la deuxième guerre mondiale, ils ont été présents sous le soleil battant arborant fièrement leur uniforme bleu et gris avec leur béret noir durant les quatre jours de marche de Nimègue. Sous leur chapiteau, ils faisaient des levés de fonds en vendant des articles commémoratifs. Fiers de leur relation avec le Canada, ils accueillaient le contingent canadien avec des applaudissements.

Au troisième jour de la marche, le plus ardu des quatre, tous les contingents passaient devant le cimetière de Greosbeek. Chacune des quatorze équipes canadiennes, accompagnée de l’aumônier, sous la houlette de leur chef d’équipe, venait se recueillir sur les tombes. À chaque militaire, les membres de la Branche 005 ont donné un coquelicot que ce dernier devait déposer sur le monument à l’entrée du cimetière.     

L’expérience de la marche de quatre jours de Nimègue reste indéniablement ancrée dans la mémoire de tout militaire qui y a pris part soit comme marcheur officiel ou membre de l’équipe de support. Elle nous a ouvert les yeux sur la richesse de l’histoire militaire de notre jeune nation. L’immensité du travail accompli par les membres de la Branche 005 de la légion canadienne témoigne de l’appréciation que le peuple hollandais a envers le Canada.

À Nimègue, de village en village, de campagne en campagne, nous avions marché dans les pas de nos camarades qui ont libéré la Hollande. Comme cela n’était pas suffisant, nous avions été accueillis par les gardiens de la mémoire de nos héros : la Branche 005.

En somme, Nimègue n’est pas seulement une marche de quatre jours, un effort physique qui demande un dépassement de soi. C’est une expérience spirituelle par le fait que Nimègue  ravive en nous la flamme de notre vocation, le sentiment de suivre les pas des héros et rappelle notre propre finitude. C’est un acte de réconciliation où les ennemis d’antan marchent et chantent côte à côte. Nimègue, c’est surtout un acte de souvenance et de respect. Nimègue, c’est enfin, la rencontre des gardiens de la mémoire de nos héros pour qu’à jamais nous nous souvenons d’eux.